Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

La thérapie comportementale dialectique semble efficace chez les femmes victimes de violences pendant l'enfance

Publié le jeudi 6 août 2020

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WASHINGTON, 3 août 2020 (APMnews) - La thérapie comportementale dialectique semble efficace chez les femmes victimes de violences physiques et/ou sexuelles pendant l'enfance et même supérieure à la thérapie de processus cognitif, suggère un essai clinique randomisé allemand.

Les enfants victimes de violences physiques ou sexuelles ont un risque accru de développer plus tard des troubles mentaux, en particulier un syndrome de stress post-traumatique (PTSD) et/ou un trouble de la personnalité limite.

Cependant, il existe peu de données étayant l'intérêt des thérapies comportementales, indiquent le Dr Martin Bohus de l'université de Heidelberg et se collègues.

La thérapie comportementale dialectique a été développée spécifiquement pour le PTSD touchant en particulier les personnes victimes de violences pendant l'enfance. Dans cette étude, les chercheurs ont voulu évaluer cette approche par rapport à la thérapie de processus cognitif, qui est considérée comme efficace dans le PTSD.

Dans cette étude menée dans trois centres, 193 femmes adultes (36,3 ans en moyenne) en recherche d'une aide psychologique ont été incluses, avec un diagnostic de PTSD en lien avec des violences physiques et/ou sexuelles lorsqu'elles étaient enfants (à 7,7 ans en moyenne la première fois), ainsi que trois critères de personnalité limite et en particulier une instabilité affective.

Elles ont été randomisées entre les deux thérapies, de fréquence et d'intensité similaire, jusqu'à un maximum de 45 séances individuelles sur un an. Trois séances supplémentaires ont été menées au cours des trois mois suivant l'étude.

La thérapie comportementale dialectique est un programme en plusieurs phases avec des interventions cognitivo-comportementales ciblées sur le traumatisme et des techniques spécifiques provenant de thérapie ciblée sur la compassion.

La thérapie de processus cognitif est également ciblée sur le traumatisme mais vise à se confronter aux émotions et aux processus cognitifs associés.

Le taux d'abandon en cours d'étude était globalement de 32,1%, mais significativement plus élevé parmi les patientes du groupe suivant la thérapie de processus cognitif (39%) que celles suivant la thérapie comportementale dialectique (25,5%).

L'analyse en intention de traiter indique que le PTSD, évalué par le score CAPS-5, a été amélioré de manière significative dans les deux groupes, avec en moyenne un gain de 19,4 points pour la thérapie comportementale dialectique et 14,6 points pour la thérapie de processus cognitif, la première se montrant supérieure à la seconde sur le plan statistique.

Le taux de rémission symptomatique était aussi plus élevée avec la thérapie comportementale dialectique (58,4%) par rapport à la thérapie de processus cognitif (40,7%), d'amélioration fiable (74,5% vs 55,8%) et de récupération (57,1% vs 38,6%).

Ces données suggèrent que la thérapie comportementale dialectique permet de prendre en charge des femmes souffrant de forme sévère de PTSD associé à des violences physiques et/ou sexuelles. D'autres travaux sont nécessaires pour déterminer le profil des patients susceptibles de tirer le plus grand bénéfice de cette approche, si elle permet de réduire le recours aux soins et les coûts associés, concluent les chercheurs.

(JAMA Dermatology, édition en ligne du 22 juillet)

 

Source :

APM news

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