Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

L'Encéphale – Volume 41, fascicule 4

Publié le mardi 12 janvier 2016

dans

septembre 2015

Divers

Editorial board

Éditorial

Éditorial : à propos de la traduction française du DSM-5

Auteurs : M. Masson

Mémoires originaux

Étude sur la « cyber-intimidation » : cyberbullying, comorbidités et mécanismes d’adaptations

Auteurs : J.-J. Rémond, L. Kern, L. Romo

RésuméLes nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) permettent un accès privilégié à l’information pour les jeunes et les adultes. Si elles représentent un nouveau moyen d’interaction sociale, elles sont également porteuses de nouvelles formes de violences, la cyber-intimidation et le cyber-harcèlement, qui apparaissent et peuvent avoir des conséquences psychologiques sur les victimes et engendrer des conséquences dramatiques.ObjectifL’objectif de cette étude est donc d’évaluer la proportion de victimes de cyberbullying, sur un échantillon de jeunes français de 16 à 18ans, d’une part, et chez les adultes, d’autre part, d’analyser les caractéristiques de la cyber-intimidation, de comprendre les différents facteurs susceptibles de diminuer ou amplifier cet effet d’intimidation et d’explorer les liens avec une comorbidité, anxieuse et dépressive. Nous nous intéresserons également aux mécanismes d’adaptation permettant à la victime de réagir différemment selon le contexte émotionnel et comportemental en utilisant une échelle innovante sur « la résilience ».MéthodologieDeux cent soixante-douze participants ont complété une batterie de questionnaires, contenant une échelle d’évaluation de l’anxiété sociale (LSAS), de l’anxiété et de la dépression (HAD), de l’aléxithymie (BVAQ), des réactions lors d’intenses émotions négatives (HDS) et de la résilience (BRS).RésultatsLes analyses montrent que le phénomène du cyber-harcèlement était présent au sein de notre échantillon. Il y a eu 95 personnes sur un total de 272 (35 %) qui ont déclaré avoir été victimes d’au moins une forme de cyber-harcèlement (moyenne d’âge 17,8±5,9ans). Nous avons observé des comorbidités chez l’ensemble de ces personnes. Sur l’ensemble des 95 victimes de cyber-harcèlement, 11 % ont significativement peur ; 9 % ont un score élevé sur l’échelle LSAS (évitement), 62 % ont un score élevé à l’échelle BVAQ, 15 % sont anxieux selon l’HAD et 21 % ont des scores de dépression élevés. Enfin, les variables « introjectives » et « représailles » de l’échelle HDS et BRS nous ont permis d’observer que des mécanismes d’adaptation intervenaient.

L’élaboration de l’agressivité à l’adolescence : étude structurale comparée basée sur le test de Rorschach

Auteurs : L. Schiltz, R. Diwo, C. de Tychey

RésuméÀ l’adolescence, la capacité d’élaboration imaginaire et symbolique de l’agressivité, qu’elle soit subie ou agie, est une des composantes majeures d’une quête d’identité réussie. Nous présentons une étude comparative entre adolescents anxieux et violents (n total=40), fondée sur le Rorschach. Nous exposons les considérations épistémologiques qui sont à la base du choix de notre méthodologie quantitative et qualitative intégrée. D’autre part, nous privilégions les statistiques non paramétriques appropriées au traitement des données qualitatives issues de groupes restreints. Notre étude comparative se base sur une grille d’analyse de contenu, construite dans une perspective phénoménologico-structurale, se plaçant au plus près du jugement global du clinicien expérimenté. Elle se superpose au psychogramme classique, les deux approches étant considérées comme complémentaires. L’étude comparative entre les sous-groupes montre que les besoins affectifs et relationnels sont plus élevés chez les adolescents souffrant d’inhibition et d’anxiété. Leurs capacités de mentalisation sont plus développées alors que, chez les adolescents présentant une tendance à l’extériorisation de l’agressivité et aux conduites violentes, l’ambiguïté du stimulus engendre la perplexité et un ralentissement des fonctions exécutives. L’analyse multidimensionnelle met en évidence, dans les deux sous-groupes, des dimensions de second ordre liées aux fonctions de contrôle plutôt qu’à l’expression directe de l’agressivité. Ces dimensions latentes, dégagées à l’aide du codage optimal, font sens du point de vue de la théorie et permettent de dégager une typologie de l’ajustement à la pulsion agressive. Nous interprétons les résultats par rapport à des questionnements actuels en psychologie développementale et en psychologie clinique de l’adolescence.

Grossesse et usage de substances psycho-actives non médicamenteuses

Auteurs : A. El Ammouri, M. Sabir, S. Ahid, J. Toufiq, F. El Omari

RésuméIntroductionLa consommation de substances psycho-actives (SPA) chez les femmes enceintes est en augmentation croissante dans le monde, et reconnue même, comme un problème majeur de santé publique dans certains pays. Au Maroc, nous ne disposons pas encore de chiffres quant à cette consommation.ObjectifLes objectifs de ce travail sont de déterminer la prévalence de la consommation des substances psycho-actives chez les femmes enceintes, de décrire leurs caractéristiques sociodémographiques et de déterminer les facteurs associés à la prise de substances psycho-actives.Méthodes et patientesIl s’agit d’une étude transversale réalisée durant les mois de septembre et octobre 2010. Elle intéresse les femmes enceintes consultantes au niveau du service de gynéco-obstétrique de l’hôpital provincial Moulay Abdellah de la ville de Salé. Leur recrutement s’est fait au fur et à mesure qu’elles se présentaient en consultation. Les données recueillies étaient les caractéristiques sociodémographiques, les données concernant la grossesse et les habitudes de prise de substances psycho-actives.RésultatsCent-cinquante parturientes ont participé à l’étude. L’âge des femmes interrogées était entre 20 et 40 ans dans 83,2 % des cas. Parmi les femmes, 94,6 % étaient mariées, 96 % étaient sans emploi et qui dépendaient de leurs conjoints pour leurs ressources financières et 80 % avaient une relation conjugale de moyenne à bonne qualité. La prévalence de la consommation d’au moins une substance psycho-active chez les femmes enceintes de notre échantillon était de 11,3 %. Les substances consommées étaient le tabac et le cannabis dans respectivement 9,3 % et 4 % des cas. Les femmes consommatrices de SPA étaient plus souvent victimes d’abus ou de négligence dans leur passé avec une grossesse peu désirée et mal suivie que celles des femmes ne consommant pas de substances psycho-actives.ConclusionLe taux relativement élevé de la consommation de substances psycho-actives devrait non seulement attirer l’attention des décideurs sur la gravité de ce problème, mais également sensibiliser les équipes obstétriciennes à rechercher systématiquement la consommation de substances psycho-actives chez toute femme enceinte.

Psychopathologie

Orientations d’acculturation et adaptation psychosociale des adolescents issus de l’immigration

Auteurs : N. Goutaudier, E. Chauchard, T. Melioli, M. Valls, N. van Leeuwen, H. Chabrol

RésuméDeux cent vingt-huit adolescents issus de l’immigration ont rempli des questionnaires mesurant les orientations d’acculturation, les comportements antisociaux, la symptomatologie dépressive et l’estime de soi. Une analyse classificatoire hiérarchique a dégagé quatre groupes : intégré (biculturel), séparé, marginalisé et assimilé-individualiste. Les groupes marginalisé et séparé se caractérisaient par un niveau plus élevé de comportements antisociaux. Les niveaux de symptomatologie dépressive et d’estime de soi ne différenciaient pas les quatre groupes.

Les 5 dimensions psychiques identifiées à partir des schémas précoces inadaptés : analyses statistiques du questionnaire des schémas (QSY-s3)

Auteurs : F. Lavergne, N. Marie, F. Mehran

RésuméL’analyse statistique des 18 schémas précoces inadaptés (SPI) du questionnaire de Young (YSQ-s3) montre, dans une population de 294 patients ou contrôles que : (A) les moyennes des 18 schémas varient de 3,4 à 12,9 points (les déviations standard varient de 5,9 à 9,7 points) ; (B) les corrélations entre les schémas vont de 0,009 à 0,55 ; (C) l’analyse en composante principale (ACP) ne détermine qu’un facteur significatif qui explique l’intensité des scores globaux ; (D) l’analyse en classification ascendante hiérarchique (CAH) regroupe les 18 SPI dans les 5 dimensions (r2=0,4) suivantes : (1) « évitement » (avec 3 SPI qui sont carence affective, isolement social, surcontrôle émotionnel) ; (2) « don » (avec 1 SPI qui est abnégation sacrifice de soi) ; (3) « exigences pour soi » (avec 3 SPI qui sont droits personnels exagérés/grandeur, contrôle de soi/autodiscipline insuffisante, recherche d’approbation et de reconnaissance) ; (4) « vigilance » (avec 8 SPI qui sont abandon/instabilité, méfiance/abus, imperfection/honte, dépendance / incompétence, peur du danger ou de la maladie, relation fusionnelle/personnalité atrophiée, échec, assujettissement) ; (5) « certitudes » (avec 3 SPI qui sont négativité/pessimisme, idéaux exigeants/critique excessive, punition). Ces 5 dimensions ne correspondent pas complètement aux cadres des « besoins infantiles insatisfaits » décrits par J. Young. Nous proposons de comprendre que les dimensions « évitement, don, exigences pour soi » représentent 3 types de relation aux autres (au niveau comportemental), que la dimension « vigilance » représente les peurs et les pertes (au niveau émotionnel) et que la dimension « certitudes » représente les croyances et la conscience (au niveau cognitif). L’analyse statistique menée sur la population (n=294) avec la CAH détermine 6 classes de patients. L’intensité des dimensions à l’intérieur de chaque classe de patient pourrait guider l’interprétation clinique, en particulier pour les troubles de la personnalité.

Psychiatrie de l'enfant

Peurs nocturnes pathologiques de l’enfant : particularités cliniques et thérapeutiques efficaces

Auteurs : D. Ducasse, H. Denis

RésuméLa littérature sur les peurs nocturnes pathologiques de l’enfant est rare à ce jour, alors qu’il s’agit d’un trouble fréquemment rencontré en consultation, et responsable d’un retentissement familial, social et scolaire invalidant. Alors que les peurs nocturnes évoluent en nature et fréquence avec l’âge, et sont spontanément résolutives dans la majorité des cas, elles sont associées à des troubles anxieux répertoriés dans la classification DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) dans 10 % des cas (anxiété de séparation, trouble anxieux généralisé, phobie d’un animal, et phobie liée à l’environnement), et sont associées à des troubles du sommeil dans 30 % des cas. Les peurs nocturnes persistantes, responsables de perturbations émotionnelles et comportementales, entraînent un retentissement négatif sur la vie quotidienne, nécessitant une évaluation complète et une prise en charge spécifique. Les thérapies ayant démontré leur efficacité sont les techniques cognitivo-comportementales : la désensibilisation systématique (avec relaxation ou imagerie émotionnelle), le renforcement (avec l’économie de points et les techniques d’auto-évaluation), et les techniques d’auto-apprentissage cognitif (l’auto-déclaration renforçante, la réduction des aspects négatifs relatifs à l’obscurité, les déclarations confrontant l’épreuve de réalité, et les stratégies cognitives mettant l’accent sur le contrôle actif sont à privilégier chez les enfants de plus de 6ans ; la « lettre anti-monstre » et les techniques utilisant une poupée sont à privilégier chez les enfants de moins de 6ans. Le modelling semble indiqué à tout âge).

Psychiatrie légale

Étude du vécu et de la compréhension par les patients hospitalisés sans consentement de l’audience devant le juge des libertés et de la déte...

Auteurs : K. Rossini, H. Verdoux

RésuméL’objectif était de documenter le vécu de l’audience par le juge des libertés et de la détention des patients hospitalisés sans consentement et de déterminer leur compréhension des tenants et des aboutissants de son intervention. L’enquête a été menée auprès de patients hospitalisés en admission en soins psychiatriques à la demande d’un tiers (ASPDT) ou sur décision du représentant de l’État (ASPDRE). Seuls 13 % d’entre eux étaient en mesure de citer le lieu de l’audience et 21 % le titre exact du juge. La moitié des participants ont contesté la mesure d’hospitalisation lors de l’audience, et plus de la moitié ont bénéficié du conseil d’un avocat. La majorité des participants estiment que le juge s’est montré à l’écoute, bienveillant et clair mais remettent en cause son impartialité et son indépendance vis-à-vis des décisions médicales. Plus de la moitié des patients se déclarent en désaccord avec sa décision mais seul un cinquième envisage de faire appel. Le maintien de l’hospitalisation a suscité un sentiment d’injustice pour plus d’un tiers des intéressés, de la résignation et de l’indifférence pour environ un quart d’entre eux. Les trois quarts de l’échantillon portent un regard favorable sur le contrôle judiciaire de l’hospitalisation. Un sentiment de protection est plus fréquent chez les personnes qui ont un niveau d’études supérieur au baccalauréat et qui souffrent d’un trouble de l’humeur. De même, un sentiment d’accusation est plus fréquent en cas d’hospitalisation en ASPDRE. Le sentiment que « tout était joué d’avance » est plus fréquent chez les patients les plus jeunes. Cette étude montre que le vécu et la compréhension de l’audience sont marqués par des sentiments et des réactions contrastés.

Épidémiologie

Interventions pharmaceutiques émises par les pharmaciens sur les médicaments psychotropes

Auteurs : G. Parent, F.-X. Rose, P. Bedouch, O. Conort, B. Charpiat, M. Juste, R. Roubille, B. Allenet

RésuméLa SFPC et son groupe « standardisation et valorisation des activités de pharmacie clinique » étudient les interventions pharmaceutiques (IP) émises lors de l’analyse des prescriptions. Cette étude explore les problèmes médicamenteux et les IP relatifs aux médicaments psychotropes enregistrés sur le site Act-IP® entre septembre 2006 et février 2009. Quatre mille six cent vingt IP émises dans 57 établissements de santé concernent un médicament psychotrope. Sept problèmes médicamenteux engendrent plus de 69 % des interventions (par ordre de fréquence) : posologie supra-thérapeutique, interaction médicamenteuse, plan de prise non optimale, effet indésirable, non conformité au livret thérapeutique, redondance pharmacologique, mauvais choix de galénique. Les 2 types d’interventions les plus fréquents sont l’adaptation de posologie et les arrêts de traitement. Certaines problématiques ne sont pas identifiées ou ne trouvent pas un écho suffisamment favorable car le taux d’acceptation globale par les médecins est de 57 %. Ce retour d’information peut permettre aux médecins d’identifier des situations à risque. Pour évoluer, médecins et pharmaciens doivent se concerter et dialoguer. Ceci pourrait déboucher sur un thésaurus décrivant situations cliniques et IP basé sur les recommandations et la vision pratique des prescripteurs.

Cas cliniques

Formes cliniques des dépressions post-traumatiques

Auteurs : Y. Auxéméry

RésuméGrâce à notre activité clinique confrontée aux données critiques de la littérature internationale, nous définissons différents cadres cliniques et étiopathogéniques de dépressions post-traumatiques afin de mieux diriger leurs prises en charge thérapeutiques. Après quelques rappels épidémiologiques suivis de la discussion des entités nosographiques contemporaines dépressives et post-traumatiques, nous définissons les concepts de dépression post-traumatique sans et avec caractéristiques psychotiques, de dépression masquée par les doléances somatiques issues des blessures physiques concomitantes au trauma psychique (blessures parfois commotionnelles cérébrales) et de dépression intégrant un deuil différemment qualifiable de traumatique ou de post-traumatique.

Trouble bipolaire type I et qualité de vie : étude transversale auprès de 104 patients tunisiens

Auteurs : I. Marrag, K. Hajji, M. Hadj Ammar, L. Zarrouk, R. Kachouri, M. Nasr

RésuméCe travail avait pour objectifs d’évaluer la qualité de vie des patients présentant un trouble bipolaire type I et d’identifier les facteurs de risque quant à l’origine de cette altération. Cette étude transversale réalisée à la consultation de psychiatrie de l’EPS de Mahdia durant une période de quatre mois a concerné 104 patients bipolaires type I. Les variables étudiées portaient sur les caractéristiques générales des patients, les caractéristiques cliniques et évolutives du trouble bipolaire type I et les données concernant la prise en charge. L’échelle générique de qualité de vie, la SF-36, (Short Form) a été utilisée pour l’évaluation. Une standardisation des scores moyens initiaux a été effectuée. Le score moyen global (SMG) à la SF-36 était de 52,2 et 78,8 % des patients avaient une qualité de vie altérée. Une standardisation a révélé une composante mentale particulièrement plus altérée que celle physique. Les régressions logistiques ont permis d’identifier que la survenue d’une altération de la qualité de vie était en rapport avec des paramètres sociodémographiques et thérapeutiques. La mesure de la qualité de vie permet de concevoir toute personne souffrant de trouble bipolaire dans sa vie entière et non pas seulement sous le seul angle de la maladie.

Santé publique

Troubles du spectre autistique et suicidalité

Auteurs : G. Huguet, Y. Contejean, C. Doyen

RésuméIntroductionL’objet de cette revue de la littérature est d’exposer les caractéristiques cliniques et épidémiologiques de la suicidalité chez les sujets souffrant de troubles du spectre autistique, afin d’identifier les facteurs favorisant le passage à l’acte, au sein de cette population souvent exclue des études sur le suicide.MéthodeL’ensemble des articles recueillis dans Medline sur PubMed, avec les items « autism spectrum disorder », « pervasive developmental disorder », « Asperger's syndrome », « suicide », « suicide attempt », « suicide behavior », ont été analysés.RésultatsSur l’ensemble de notre recherche, 21,3 % des sujets présentant un trouble du spectre autistique rapportent des idées suicidaires, ont fait une tentative de suicide ou bien sont décédés par suicide (115 sujets sur 539) et 7,7 % des sujets pris en charge pour des idées suicidaires ou une tentative de suicide présentent un trouble du spectre autistique (62 sujets sur 806). Les idées suicidaires sont particulièrement fréquentes chez les adolescents et les jeunes adultes. Les tentatives de suicide sont plus fréquentes chez les autistes de haut niveau et les sujets Asperger. Les méthodes utilisées sont le plus souvent potentiellement létales et violentes, voire fatales. Le risque suicidaire dépend de nombreux facteurs qui mettent en avant la vulnérabilité de ces sujets, issue des symptômes autistiques et développementaux. Vulnérabilité compliquant le diagnostic des troubles dépressifs et anxieux comorbides, principaux facteurs liés à la suicidalité. Et vulnérabilité à la source d’abus (physiques, sexuels) et d’une victimisation par les pairs, favorisant des passages à l’acte.ConclusionPour lutter contre ces phénomènes des programmes globaux personnalisés d’interventions apparaissent indispensables à appliquer de manière précoce pour favoriser toujours plus l’autonomie, l’adaptation et la qualité de vie.

En bref

Le pseudo-coma hystérique : à propos d’un cas clinique

Auteurs : N. Chouaib, H. Chouaib, L. Belyamani, Y. Otheman, M.Z. Bichra

RésuméLe pseudo-coma hystérique est un état qui peut durer plusieurs heures, voire plusieurs jours, et qui correspond à un état de sommeil clinique contrastant avec un état de veille électroencéphalographique. Ce tableau évolue en l’absence d’atteinte organique sous-jacente. En psychiatrie, ce trouble entrerait actuellement dans le cadre du « trouble dissociatif (de conversion) non spécifié ». À travers ce cas clinique, nous allons décrire l’évolution d’un pseudo-coma hystérique qui a duré quatre jours chez un homme de 28ans. La normalité des bilans biologique, radiologique et électroencéphalographique, et la réactivité du patient lors de la mise en place d’une sonde nasogastrique, ont fait suspecter l’origine psychique des troubles. Une prise en charge psychiatrique adaptée a permis la reprise de l’autonomie au bout de trois jours d’hospitalisation. Cela a permis d’éviter l’escalade des explorations et des soins invasifs. La recherche de comorbidité organique et sa prise en charge demeurent néanmoins une priorité.

Mise au point

La qualité de vie en schizophrénie

Auteurs : L. Lecardeur

RésuméLa qualité de vie (QdV) est un concept qui fait référence à de multiples dimensions, tant objectives que subjectives. Son évaluation requiert de la part de l’évaluateur de posséder un outil qui balaye un large spectre de dimensions et qui soit suffisamment fin pour coter de manière objective le sentiment subjectif de l’individu, ceci dans un espace temporel restreint. De nombreuses échelles permettant d’évaluer la QdV ont été créées, validées et utilisées chez les patients souffrant de schizophrénie. La seule échelle spécifique à la maladie et qui tient compte des déficits cognitifs du patient, en proposant une hétéro-évaluation qui permette de finement capter son sentiment subjectif, est la Quality of Life Scale (QLS) (Heinrichs et al., 1984). C’est un outil simple et relativement court, utilisable comme critère de jugement et comme mesure de changement, et permettant l’évaluation de stratégies thérapeutiques. Ses qualités métrologiques sont excellentes. Elle a été utilisée dans de nombreux essais thérapeutiques scientifiquement rigoureux, comme CATIE et CUtLASS. Des versions courtes de cette échelle viennent d’être validées ; elles permettent de diminuer le temps d’évaluation. Par contre, en limitant le nombre d’items, elles perdent de la richesse phénoménologique.

Lettres à la rédaction

Qui peut réellement bénéficier du nalméfène ? Ce que nous disent les évaluations indépendantes

Auteurs : A. Braillon, B. Granger

Réponse à la lettre à l’éditeur des Dr Braillon Alain et Pr Granger Bernard à propos de la publication « Bénéfices de la réduction de la...

Auteurs : P. Bendimerad, L. Blecha

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